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La Côte d'ivoire

La Côte d’Ivoire, ou officiellement la République de Côte d’Ivoire, est un pays d’Afrique occidentale, membre de l’ Union africaine. D’une superficie de 322 462 km², elle est limitée au nord par le Mali et le Burkina Faso, á l’ouest par le Libéria et la Guinée, á l’est par le Ghana et au sud par l’océan Atlantique. La population, dénombrée á 15 366 672 habitants en 1998[], est estimée á 18 373 060 habitants en 2008. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro (Abidjan demeurant capitale économique), pour langue officielle le français et pour monnaie, le franc CFA.
D’abord protectorat français en 1843 et devenue colonie française en 1893, le pays acquiert son indépendance le 7 août 1960, sous la houlette de Félix Houphouet-Boigny, premier président.
L’économie, essentiellement axée sur la production de café et de cacao, connaît au cours des deux premières décennies un essor exceptionnel, faisant de la Côte d’cIvoire un pays phare dans la sous-région ouest-africaine. En 1990, le pays traverse, outre la crise économique survenue ’ la fin des années 1970 et qui perdure, des périodes de turbulence aux plans social et politique. Ces problèmes connaissent une exacerbation á la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993. L’adoption d’une nouvelle constitution et l’organisation de l’élection présidentielle qui, en 2000, porte au pouvoir Laurent Gbagbo, actuel Président de la République, n’apaisent pas les tensions sociales et politiques, qui conduisent au déclenchement d’une crise politico-militaire le 19 septembre 2002. Après plusieurs accords de paix, le pays s’engage le 4 mars 2007, dans un nouveau processus de sortie de crise fondé sur un accord politique conclu á Ouagadougou (Burkina Faso).

 

Topographie

Le territoire de la Côte d’Ivoire présente l’aspect d’un quadrilatère, dont le sud offre une façade de 520 km sur l’océan Atlantique, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Le pays est caractérisé par un relief peu élevé. Les terres sont constituées en majeure partie de plateaux et plaines. L’ouest du pays, région montagneuse, présente toutefois quelques reliefs au-delá de mille mètres (le mont Nimba culmine á 1 752 m). Hormis cette région, les altitudes varient généralement entre 100 et 500 mètres, la plupart des plateaux se situant autour de 200 á 350 mètres. Ceux-ci présentent différents aspects. Les plateaux les plus élevés sont rigides dans leurs formes ainsi que dans leurs matériaux ; ceux de niveaux intermédiaires ont assez souvent des formes émoussées ; les plus bas présentent quant á eux une certaine rigidité, mais sont constitués de matériaux meubles. Des étendues rigoureusement tabulaires et horizontales sont parfois présentes dans les régions de savanes, mais également sous les petits accrocs de savanes incluses dans la forêt dense. L’élément dominant de ces plateaux est constitué par une cuirasse ferrugineuse visible en surface sous forme de dalles de teinte rouille, mais parfois voilées de sables, de gravillons ou produits plus fins.
Les eaux, qui couvrent environ 4 462 km², soit 1,38 % de la superficie totale du pays, sont constituées au sud par l’océan (Atlantique), les lagunes dont les plus célèbres sont les complexes Aby-Tendo-Ehy, Ebrié, Grand-Lahou-Tadio-Makey-Tagba, ainsi que d’eaux mortes. De nombreux cours d’eau avec souvent des débits extrêmes, drainent tout le territoire. Au nombre de ceux-ci figurent quatre grands fleuves[7] qui sont le Cavally (700 km), le Sassandra (650 km), le Bandama (1 050 km) et la Comoé (1 160 km). D’autres cours d’eau importants sont tributaires de ces derniers ou forment des bassins versants indépendants en tant que fleuves côtiers comme le Tabou, le Néro, le San-Pedro, le Bolo, le Niouniourou, le Boubo, l’Agnéby, la Mé, la Bia. á cet ensemble s’ajoutent des ruisseaux et plusieurs étendues marécageuses.

Géologie

Le gneiss, roche métamorphique constituant une des grandes familles des formations cristallines
Les sols présentent la même apparence que ceux que l’on rencontre en grande partie en Afrique de l’Ouest : ils sont souvent meubles, parfois indurés, d’un matériau dont la couleur se loge habituellement dans la gamme des rouges, allant de l’ocre au rouille sombre. Toutefois, l’empreinte des milieux équatoriaux sur les sols ivoiriens est proportionnellement plus marquée que dans la quasi-totalité des territoires qui se situent au nord du Golfe de Guinée.
Tout comme le relief, les sols sont influencés de manière souvent déterminante par la composition des roches. Le soubassement rocheux de la Côte d’Ivoire est diversement constitué et presque invisible, á l’exception des dômes cristallins. Il est formé en quasi-totalité par des roches de socle, cristallines ou phylliteuses, présentant divers degrés de métamorphisation. Les formations cristallines occupent environ les deux tiers du pays et sont subdivisées en cinq grandes familles par les géologues : les migmatites et les gneiss (anciennes roches plutoniques, volcaniques ou sédimentaires métamorphosées), les charnockites (granites á hypersthème) et norites, les « granites baoulé » qui elles-mêmes comprennent plusieurs variétés de roches, la catégorie des roches riches en minéraux noirs (diorites ou granodiorites) et les « granites de Bondoukou » (fréquemment granodioritiques mais parfois alcalins également). Quant aux roches phylliteuses, elles sont essentiellement composées de schistes, qui divergent en fonction des caractères des sédiments originels qui les ont formés et des degrés de métamorphismes qu’ils ont subis. Mais elles comprennent également quelques quartzites et grès-quartzites. Sont assimilées á cette famille les roches communément appelées « roches vertes » en Côte d’Ivoire (métamorphiques mais d’origine non sédimentaire). Le socle ivoirien est bordé par une minuscule couverture sédimentaire constituée surtout de sables argileux d’origine continentale, d’argiles, sables et vase d’origine marine.
Les « formations superficielles » sont soit nées sur place de la roche sous-jacente, soit venues d’ailleurs. Mais celles issues de l’altération du substrat rocheux sont prédominantes. La nature intertropicale qui a toujours caractérisé les climats en Côte d’Ivoire a en effet entraîné une profonde décomposition de ce substrat. Du fait de l’évolution et des combinaisons de substances minérales et organiques, les actions proprement pédogénétiques ont développé aux dépens des formations superficielles initiales, différents types de sols regroupés en cinq classes : la grande classe des sols ferralitiques, celle des sols ferrugineux tropicaux ainsi que trois autres classes moins représentées et en gisements disjoints que sont la classe des sols bruns tropicaux, celle des sols hydromorphes et celle des sols podzolisés.
Les sols ferralitiques couvrent la majeure partie du territoire ivoirien. Ils sont notamment présents dans l’Est, l’Ouest, le Sud, les zones forestière et pré forestière, les zones de savanes soudanaises ou sub-soudanaises, les aires septentrionales, etc. Les sols ferrugineux tropicaux qui se rencontrent sur des roches granitoïdes, ont leur extension majeure dans le Nord-Est du pays, autour de la localité de Bouna et dans l’interfluve entre le haut N’Zi et la haute Comoé. Les trois dernières classes citées sont beaucoup plus étroitement localisées ; elles sont situées en topographie accidentée et se rencontrent dans les régions de buttes du Yaouré et de Bondoukou, de la haute Comoé et dans les chaînes des localités de Sifié, d’Oumé á Fetékro.

Climat

Compris entre 4° et 10° de latitude nord, le territoire de la Côte d’ivoire est distant de l’équateur d’environ 400 km sur ses marges méridionales, et du Tropique du Cancer d’environ 1 400 km sur ses frontières septentrionales. Le climat, généralement chaud et humide, constitue dès lors une transition entre l’équatorial et le tropical. équatorial le long des côtes, il est semi-aride á l’extrême nord. Le pays connaît en général des variations importantes de température entre le nord et le sud, mais également le long de l’année en fonction des saisons. Les températures oscillent autour de 28 °C en moyenne. Deux grandes zones climatiques se côtoient : le climat équatorial et le climat tropical de savane, lui-même plus ou moins sec.
Le climat subéquatorial est caractérisé par des températures de faibles amplitudes de (25 °C á 30 °C), un fort taux d’humidité (de 80 á 90 %) et des précipitations abondantes, qui atteignent á Abidjan 1 766 mm3 et á Tabou 2 129 mm3. Cette zone connaît deux saisons sèches et deux saisons humides. La grande saison sèche, chaude, est entrecoupée de quelques pluies et s’étend du mois de décembre au mois d’avril. La petite saison sèche couvre les mois d’aoït et de septembre. Quant aux saisons de pluie, elles s’échelonnent de mai á juillet pour la grande et d’octobre á novembre pour la petite.
Le climat tropical de savane humide couvre le nord de la zone forestière du sud et le sud de la région des savanes. Les températures, á amplitudes plus importantes, y oscillent entre 14 °C et 33 °C avec une hygrométrie de 60 % á 70 % et des précipitations annuelles de 1 200 mm3 á Bouaké. Cette région climatique connaît également quatre saisons : deux saisons sèches, de novembre á mars et de juillet á aoït et deux saisons pluvieuses, de juin á octobre et de mars á mai.
Le climat de savane sec concerne principalement la région des savanes. Les amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles y sont relativement importantes, de l’ordre de 20 °C, le taux d’humidité, inférieur á celui du sud du pays, varie de 40 % á 50 %. La zone considérée est caractérisée par la présence intermittente entre les mois de décembre et février d’un vent frais et sec, l’harmattan. On y relève deux saisons : l’une sèche, de novembre á juin, ponctuée par quelques pluies au mois d’avril, et l’autre pluvieuse, couvrant la période de juillet á octobre. Les précipitations moyennes enregistrées sont de 1 203 mm3 á Korhogo.

  • Géographie humaine

La population ivoirienne, comme dans la quasi-totalité des pays en développement, connaît une croissance rapide. Au cours des derniers recensements effectués en 1975, 1988 et 1998, elle est chiffrée á 6 709 600, 10 815 694 puis 15 366 672 habitants. Elle est estimée á 19 800 000 habitants en 2005. Cet accroissement rapide est en partie imputable á l’immigration continue de populations étrangères. Le recensement général effectué en 1998 révèle en effet un taux d’étrangers de 26%, soit plus du quart de la population totale[28]. Ces immigrés, en quête de mieux-être, sont attirés par le développement économique rapide et la stabilité sociale et politique que connaissait le pays avant le début des crises sociopolitiques et militaires. Ils proviennent majoritairement des pays voisins membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Malgré la crise politico-militaire de 2002, le pays compte encore en 2008 de nombreux étrangers originaires de la CEDEAO dont des Burkinabés, de loin les plus nombreux (environ 2 millions), des Maliens, des Guinéens, des Sénégalais, des Libériens, des Ghanéens. á ceux-ci s’ajoutent les Libano-Syriens essentiellement commerçants, quelquefois industriels, des Asiatiques et des Européens. Le pourcentage d’étrangers naturalisés est de 0,6%.
La population ivoirienne est en outre multiethnique. Cinq grands groupes ethniques, comprenant environ une soixantaine d’ethnies, constituent les nationaux d’origine et sont localisés dans les régions suivantes :

  • au nord, le groupe voltaïque (Gur) ou sénoufos, 13 % de la population ;
  • au nord-ouest, le groupe mandé du Nord ou malinké, 12,2 % de la population ;
  • á l’ouest, le groupe mandé du Sud, 7,4 % ;
  • au sud-ouest et au centre-ouest, le groupe krous, 9,4 % de la population ;
  • au centre et á l’est, le groupe akans, 31,1 % de la population.

Composée d’une forte proportion de jeunes (en 1998 les jeunes de moins de 15 ans représentaient 43% de la population totale, contre 4% pour les personnes âgées), la population ivoirienne est inégalement répartie sur le territoire national. Les variations s’observent d’une région á l’autre, mais également entre zones rurales et zones urbaines. Au détriment de la zone du nord, le sud, l’ouest et l’est sont en effet, en plus des étrangers, fortement peuplés d’allogènes dont le déplacement est dicté par la recherche de terres arables ou propices au développement des cultures de rente comme le café et le cacao. Le taux de peuplement est également élevé dans les zones urbanisées, compte tenu de l’exode des populations rurales constituées en majorité de jeunes en quête d’emploi. La crise déclenchée en septembre 2002 a pour sa part accéléré le clivage entre les zones nord et sud. Sur l’ensemble du territoire en 1998, la densité moyenne est de 48 habitants au km². En zone sud, zone forestière, elle varie de 53,3 (région du Bas-Sassandra) á 272,7 habitants (région des lagunes) au km². 57% de la population vit en milieu rural, les zones urbaines en abritent quant á elles 43 %. Le taux de croissance de la population urbaine est évalué á 4,2% entre 1988 et 1998. Sont considérées comme villes les localités semi-urbaines de 3 000 habitants au moins, agglomérées, dotées d’une fonction politique et administrative et au sein desquelles la population active non agricole est supérieure ou égale á 50 %. Sur cette base, 129 villes sont dénombrées par le dernier recensement général de la population (1998). Abidjan reste le principal centre urbain et économique du pays, avec 2 877 948 habitants en 1998. Yamoussoukro (155 803 habitants), Bouaké (464 618 habitants), Daloa (173 103 habitants), Korhogo (142 039 habitants), Gagnoa (107 124 habitants), Man (116 657 habitants) et San-Pédro (131 800 habitants), sont également de grandes villes.
Par ailleurs, le pays abrite environ 26 400 réfugiés et demandeurs d’asile en 2007, dont 24 200 provenant du Libéria et ayant fui la guerre civile qui y a sévi entre 1989 et 2004.

Institutions et vie politique

Dès son accession á l’indépendance, la Côte d’Ivoire, état unitaire, opte pour un régime présidentiel. Reconduit par la deuxième république, le régime présidentiel est caractérisé par la séparation des pouvoirs au sein de l’état : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Le paysage institutionnel ivoirien se compose des organes exerçant ces trois pouvoirs et d’autres institutions comme le Conseil économique et social et le médiateur de la République. Les partis politiques marquent également la vie politique dans le pays.

  • Le pouvoir exécutif

L’organe chargé de l’exercice du pouvoir exécutif, originairement monocéphale, est depuis 1990 caractérisé par un bicéphalisme apparent : il a á sa tête le président de la République, chef de l’état, et un premier ministre, chef du gouvernement. Cette caractéristique, empruntée au régime parlementaire, n’entame en rien le caractère présidentiel du régime.
Le président de la République est élu au suffrage universel direct, au scrutin majoritaire á deux tours pour un mandat de 5 ans et est rééligible une fois. Il est le chef de l’exécutif et est détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il est chef suprême des armées, veille au respect de la Constitution, assure la continuité de l’état. En sa qualité de chef de l’Administration, il nomme aux emplois civils et militaires. Le président de la République détient également, en période de crise, des pouvoirs exceptionnels. En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu, l’intérim du président de la République est assuré par le président de l’Assemblée nationale pour une durée ne pouvant excéder 90 jours.
Le premier ministre est nommé par le président de la République devant lequel il est responsable, et qui met fin á ses fonctions. Le premier ministre ne détient, au regard de la constitution, aucun pouvoir exécutif propre. Il supplée le président de la République lorsque celui-ci est absent du territoire. Contrairement á la pratique prévalant en régime parlementaire, le premier ministre ivoirien n’est pas issu de la majorité parlementaire. Les membres du gouvernement, placés sous son autorité, sont nommés sur sa proposition par le président de la République. Il dirige et coordonne l’action du gouvernement et peut déléguer certaines de ses attributions aux ministres. Le gouvernement actuel, nommé le 7 avril 2007 et composé de 32 membres, est dirigé par le premier ministre Guillaume Soro, nommé en cette qualité depuis le 29 mars 2007.
Depuis la dernière élection présidentielle tenue le 26 octobre 2000 et remportée par Laurent Gbagbo, actuel chef d’état, aucune autre consultation électorale n’a eu lieu en vue de la désignation du président de la République. L’exercice du pouvoir exécutif est, dans le contexte actuel, influencé par les accords politiques conclus depuis le déclenchement de la crise politico-militaire en septembre 2002. Dans le cadre de l’exécution du programme de sortie de crise, des missions spéciales liées á la réunification du pays et de l’armée, á l’identification des populations et á l’organisation des élections sont assignées au premier ministre.

  • Le pouvoir législatif

L’organe parlementaire investi du pouvoir législatif est monocaméral ; c’est l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale compte aujourd’hui 225 membres et comprend un bureau, des commissions techniques et des groupes parlementaires. Les députés qui la composent sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. L’Assemblée nationale vote la loi et consent l’impôt. Elle a également, de par la Constitution, un pouvoir de contrôle sur les actions de l’exécutif. Pour assurer l’indépendance de l’Assemblée nationale á l’égard des autres pouvoirs et renforcer la liberté du député, celui-ci bénéficie de certains privilèges juridiques que sont les immunités. Ces immunités protègent le député dans l’exercice de son mandat parlementaire en le mettant á l’abri des poursuites civiles ou pénales á l’occasion de votes ou opinions émises par lui dans l’exercice de ses fonctions. En dehors même de l’exercice de ses fonctions, les poursuites pénales engagées contre le député pour des faits qualifiés crimes ou délits doivent être autorisées par l’Assemblée nationale ou le bureau de celle-ci. Les dernières élections législatives se sont tenues le 10 décembre 2000 pour les élections générales, et le 14 janvier 2001[99] pour les partielles. L’Assemblée nationale ivoirienne est aujourd’hui dirigée par Mamadou Koulibaly.
Le Parlement ivoirien a joué un rôle particulier dans la gestion de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire. En dépit de la désapprobation affichée par le Président Mamadou Koulibaly vis-á-vis de l’Accord de Marcoussis, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a examiné, durant ses sessions ordinaires et parfois lors de sessions extraordinaires convoquées á cet effet, une série de domaines visés par l’Accord. Au total plus d’une douzaine de projets de lois ont été examinés et votés par le Parlement ivoirien dans ce cadre. Mais la poursuite de son mandat après l’expiration de celui-ci s’est avérée problématique, car aux termes de la Constitution ivoirienne, « les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent á la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat. Les élections ont lieu vingt jours au moins et cinquante jours au plus avant l’expiration des pouvoirs de l’Assemblée nationale ». Aussi bien la Constitution ivoirienne que le code électoral n’ayant pas prévu le cas oú les élections des députés ne se tiendraient pas dans les délais prescrits, le pays a dï faire face á un vide juridique qui a suscité une polémique et des opinions controversées des acteurs locaux et non nationaux. Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) dans sa Résolution 1633 sur la Côte d’Ivoire note que le mandat de l’Assemblée nationale prend fin le 16 décembre 2005 et le Groupe de travail international tire la conclusion que ce mandat n’a pas á être prolongé. En se prononçant contre la prolongation des mandats parlementaires échus le 16 décembre 2005, le Groupe de travail international (GTI) a « mis le feu aux poudres » et ouvert un « bras de fer international », selon certains observateurs. Le président de la République de Côte d’Ivoire, après avoir sollicité l’avis du Conseil constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dï á la situation de crise que connaît son pays, entraînait la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale, a obtenu l’avis de cette institution selon lequel l’Assemblée nationale demeurait en fonction et conservait ses pouvoirs. En définitive, l’Assemblée nationale a continué ses activités.

  • Les partis politiques.

Peu avant l’indépendance du pays, pour désigner l’Assemblée territoriale et des conseils municipaux en 1956-1957, des élections pluralistes sont organisées. Tous les sièges sont remportés par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, section du Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA dans lequel peu de temps après, l’ensemble des autres formations politiques décide de se fonder sur la base d’un nouveau « consensus national ». Le PDCI-RDA devient l’unique parti du pays. Une assez éphémère tentative de création d’autres partis politiques est notée entre 1958-1959 et des crises politiques plus ou moins préoccupantes jalonnent la période de 1960 á 1990 (Affaire du Sanwi de 1959 á 1966, complot présumé en 1963-1964, affaire du Guébié en 1970, putsch manqué en 1973), mais la vie politique ivoirienne reste manifestement dominée durant cette période par le seul PDCI-RDA. La rupture du « consensus national » est formellement constatée en 1990 après des manifestations populaires. Elle ouvre immédiatement la voie du retour au multipartisme avec en particulier, l’émergence du Front populaire ivoirien (FPI). Ainsi, bien que reconnu par la constitution ivoirienne de 1960, le multipartisme n’est effectif á nouveau en Côte d’Ivoire qu’en 1990, année au cours de laquelle plusieurs partis politiques sont créés. En 2008, plus d’une centaine de formations politiques sont déclarées dans le pays mais les partis qui participent á la vie politique sont, pour l’essentiel, le Front populaire ivoirien ou FPI, socialiste, dirigé par Pascal Affi N’Guessan ; le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA, droite libérale, dirigé par Aimé Henri Konan Bédié ; le Rassemblement des républicains ou RDR, centre libéral, dirigé par Alassane Dramane Ouattara ; et, dans une moindre mesure, l’ Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire ou UDPCI, dirigé par Albert Mabri Toikeusse ; le Parti ivoirien des travailleurs ou PIT, socialiste, dirigé par Francis Romain Wodié. Divers groupes de pression animent également la vie politique. Le mouvement des Forces nouvelles qui est une composante politique (et militaire) majeure du pays ne s’est pas constitué en parti politique.

économie

Jusqu’á la fin des années 70, la Côte d’Ivoire a une situation économique enviable. Le taux de croissance de sa production intérieure brute est de 10,2 % entre 1960 et 1965 et de 7,2 % entre 1965 et 1975. Entre 1970 et 1975, alors que ceux de l’Afrique sub-saharienne et des pays riches occidentaux sont respectivement de 4% et 6% en moyenne, le taux de croissance du PIB en Côte d’Ivoire est de 6,8% par an. Cette performance particulière s’explique en partie par la stabilité politique qui la caractérise, contrairement á bon nombre d’états africains. L’économie présente toutefois des symptômes révélateurs d’une faiblesse structurelle : elle est en effet caractérisée par une forte dépendance extérieure et présente des inégalités de productivité dans ses différents secteurs.
La chute des cours des produits agricoles de base constitués par le café et le cacao, principaux produits d’exportation qui dominent l’économie du pays, entraîne une récession économique á la fin des années 1970. La crise économique perdure encore au cours des années 1990, produisant des conséquences sociales néfastes. En janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc CFA ramène un taux de croissance positif de 6% pendant deux années consécutives, grâce notamment aux mesures d’accompagnement adoptées par la communauté financière internationale. Les programmes d’ajustement structurels mis en place par les partenaires extérieurs que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, conduisent á l’adoption de mesures drastiques de restriction budgétaire et de redressement économique par le gouvernement, sans grand succès. Les arriérés de paiement des dettes contractées auprès de ces institutions, ainsi que les problèmes de gouvernance liés á l’exécution des projets financés par l’Union européenne, conduisent, á la fin des années 1990, á une rupture du partenariat avec lesdites institutions. L’impact négatif de cette situation sur l’économie est aggravé par le coup de force militaire de décembre 1999 et l’instabilité politique qui en résulte. Le taux de croissance en 2000 est négatif : -2,3%.
Depuis 2004, la Côte d’Ivoire enregistre des taux de croissance réelle positifs (+1,6% en 2004, †1,8% en 2005 et 1,2% en 2006) qui restent toutefois en dessous du taux de croissance de la population, estimé á 3,3%. Le taux d’inflation oscille entre 1,4% á 4,4%. Le service de la dette réglée qui représente 10,68% des exportations en 2000, est réduit á 5% des exportations en 2003, 3,3% en 2004 et 1,45% en 2005, traduisant ainsi les difficultés de l’état á tenir ses engagements extérieurs. Ces difficultés persistent malgré la hausse du niveau des exportations, passées á 37,9% en 2000 et á 47,8% du PIB en 2005.
Le FMI prévoit un taux optimiste de croissance du PIB de 3,8% en 2008.
L’agriculture vivrière, l’élevage, l’extraction minière, l’exploitation pétrolière et la compétitivité des exportations connaissent certes une embellie, mais les performances du secteur productif sont contrariées par l’accroissement de la dette intérieure[125].

Secteurs


Café (cerises)
L’économie ivoirienne reste dominée par l’agriculture. Après avoir été classée troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la Côte d’Ivoire connaît une baisse de production, passant de 250 000 tonnes en 1990 á 145 000 tonnes en 1994, pour ensuite remonter á une production de 250 866 tonnes en 2003-2004. Elle en est aujourd’hui le septième producteur mondial. La Côte d’Ivoire est, avec 40% de la production de cacao, le premier producteur mondial devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 millions de tonnes en 2003-2004, la part des exportations étant de 1,060 millions de tonnes pour la même période.
Producteur de palmier á huile et de cocotier, la Côte d’Ivoire est classée parmi les trois premiers producteurs de coton dans la sous-région avec 105 423 tonnes de coton fibre exportées en 2004 principalement vers la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et Taïwan. Le pays produit également de l’hévéa et a également la particularité d’être le premier producteur mondial de noix de cola avec une production totale de 65 216 tonnes.
La canne á sucre, l’ananas et la banane, jouent un rôle important dans les exportations en Côte d’Ivoire, malgré la remise en cause des quotas par l’Organisation mondiale du commerce. Ils sont exportés en grande partie vers l’Europe comme le sont les productions fruitières (mangue, papaye, avocat et agrumes de bouche). La pomme de cajou, essentiellement localisée dans le nord du pays, s’étend depuis quelques années au centre et au centre-ouest du pays. En 2006, les productions de noix de cajou sont de 235 000 tonnes et les exportations de 210 000 tonnes

Relations internationales

Le gouvernement ivoirien a décidé que le nom du pays serait Côte d’Ivoire (sans trait d’union) et s’oppose á toute autre graphie notamment á Côte-d’Ivoire (avec un trait d’union). Il s’oppose également aux traductions du nom en diverses langues en dépit de la persistance de l’usage (Ivory Coast en anglais, Costa d’Avorio en italien, Costa de Marfil en espagnol, "ساحل العاج" en arabe, Costa do Marfim en portugais, Elfenbeinküste en allemand, etc.). La graphie Côte d’Ivoire est la plus courante, cependant on trouveaussi Côte-d’Ivoire suivant une règle de la toponymie française qui veut que les noms français des collectivités locales administratives en France aient leurs composants liés par des traits d’union (cependant cette règle connait des exceptions même en France pour des raisons historiques, par exemple pour les Pays de la Loire ou le Territoire de Belfort, et ne s’applique pas non plus á la toponymie officielle étrangère, puisque les dénominations officielles reconnues sont celles mentionnées par chaque pays á l’ONU ; cette règle ne s’impose pas non plus á l’usage non officiel, hors du contexte légal et administratif).

Relations diplomatiques

En Afrique, la diplomatie ivoirienne a privilégié l’option d’une coopération par paliers. Elle forme, en 1959, le Conseil de l’Entente avec le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso) et le Niger ; en 1965, l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) ; en 1972, la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) ; et en 1975 la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Membre fondateur de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, puis de l’Union africaine en 2000, la Côte d’Ivoire y défend le respect de la souveraineté des états ainsi que le renforcement de la coopération et de la paix entre les pays africains.
Dans le monde, la diplomatie ivoirienne milite pour des relations économiques et commerciales équitables, notamment la juste rémunération des productions agricoles et la promotion de relations pacifiques avec tous les pays. La Côte d’Ivoire entretient de ce fait des relations diplomatiques avec de nombreux pays d’Afrique et du monde[185]. Elle a notamment signé la Convention relative au statut des réfugiés, son protocole de 1967, et la Convention de 1969 gouvernant les aspects spécifiques des problèmes du réfugié en Afrique[186]. Ses représentations diplomatiques á l’étranger sont installées sur tous les continents et ce pays, membre de l’ONU, entretient des rapports plus ou moins étroits avec plusieurs nations